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la longue carrière des images 1992
   
             
 
 
 
             


portfolio de 8 photographies dans la revue architecture d'aujourd'hui n° 331 avec un texte de Georges Sebbag, extrait de Que cache la forêt II

 

 

 

 

(…) Lorsqu’en 1896 Bergson, dans Matière et Mémoire, a défini l’univers comme un ensemble d’images étendues, perçues ou inaperçues, cela a paru saugrenu à ses contemporains. Et cela d’autant plus qu’il voyait dans le corps propre une image particulière et dans le souvenir une survivance d’images passées (…) Mais en quoi consiste au juste le coup de force bergsonien ? Dans sa volonté d’établir un certain continuum entre la matière et la mémoire, ce qui lui permet d’avancer la thèse paradoxale de la conservation intégrale du passé, d’autre part en rapprochant l’image et la chose, en fixant la perception dans la matière (« la matière étendue, envisagée dans son ensemble, est comme une conscience où tout s’équilibre, se compense et se neutralise »), il transforme les mouvements matériels en scansions temporelles, ce qui lui permet d’affirmer étrangement que l’univers dure. Néanmoins, selon lui, il y a deux régimes temporels distincts, celui de la matière et celui de la mémoire. Dans l’un le passé est joué, dans le passé est imaginé par l’esprit. (…) Georges Sebbag